Projets

Une petite histoire du projet

Un projet est une aventure. Humaine, sociale, technologique. Véritable source d’émotions et de ressentis en tous genres, le projet tient une place importante et fondamentale dans ma pratique de classe. Il est ma « marque de fabrique ». Entre élément fédérateur et catalyseur d’expériences scolaires, le projet performe les savoirs « informels » des élèves au profit de mises en pratiques collectives. Mais soyons clair : je n’aime pas ce terme « projet ». Pour moi, il connote une approche négative de la pratique de la classe. Cela résonne comme quelque chose d’inachevé, ce qui, pour moi, est inconcevable. Se lancer, c’est aller jusqu’au bout. Point. Alors, mieux vaut bien anticiper sur les différentes variables qui rentreront en ligne de compte pour l’élaboration de ce parcours collectif pédagogique pour le mener à son terme. Pour le plaisir des élèves, pour leur expérience d’écolier, pour sa propre expérience professionnelle.

Parfois, j’ai cette phrase qui pourrait résumer la façon dont on va s’impliquer dans la mise en oeuvre d’un projet pédagogique : « se fixer des objectifs inatteignables est source de frustration« . Pour moi, c’est la base. Simpliste mais ô combien fondamentale. Car le projet, par définition est chronophage. Se perdre dans les méandres du temps et des objectifs peut avoir pour effet de « délégitimiser » le projet aux yeux des élèves. La conséquence : perdre leur motivation, leur implication. Pour, au final, rester sur un produit non fini, avec des questionnements professionnels sur sa propre capacité à mener ce genre de produits pédagogiques. Et engendrer de la frustration chez les élèves …

De la pensée créative

Un jour, pour un collègue qui me demandait quelques conseils, j’avais griffonné sur un bout de papier quelques idées. En les reprenant aujourd’hui, je trouve qu’elles n’ont pas été beaucoup modifiées avec le temps et mon expérience du terrain. Elles restent immuables. Et imperceptiblement identiques selon les projets, quels qu’ils soient.

La construction d’un projet prend naissance d’une idée. Petite ou grande, peu importe finalement. Le principal est de la faire grandir au rang de projet. Du concept au produit. Parfois, il arrive que cette idée émerge des élèves eux-mêmes. Le plus souvent, c’est l’enseignant qui propose, en fonction de la période ou des séquences de classe. Ensuite, il est important de « conceptualiser » cette idée, et d’en cerner les contours en répondant ces différentes questions : quoi ? Pour qui ? Pour quoi ?

On passe progressivement de l’objet « désiré » (où ?, comment ?, avec quoi ?) à l’objet réalisé. Le produit fini en quelque sorte. On passe ainsi du « rêve » à la « réalité ». Et parfois, le décalage est réel et grand entre ce que l’on a imaginé du projet et le rendu final. Les contraintes matérielles, et humaines n’ont pas permis de donner du relief à ce que l’on a vraiment réalisé. Il paraît « fade » et « terne » mais, en définitive, le produit fini est toujours une réussite. Elle est justifié par la finalité même de ce qui est construit par les élèves.

Enfin, viennent les étapes de bilan où l’on cerne les points négatifs et les points positifs, ce qui a fonctionné et ce qui à le moins permis la concrétisation. C’est une étape essentielle car elle donne du crédit et exemplifie l’expérience professionnelle. Elle conduit généralement à se poser la question de savoir si l’on souhaite renouveler l’expérience de cette activité de la pédagogie de la créativité (avec des ajustements possibles bien évidemment) ou si on la met « de côté » temporairement.

À la création réaliste

Quoi de mieux, alors, que de préparer, en amont son projet. Pour ce faire, j’aime bien utiliser ces deux documents. À la fois complets et synthétiques, ils permettent d’avoir, d’un simple et rapide coup d’oeil, les différentes variables constitutives du projet : des compétences mobilisées et travaillées jusqu’à l’organisation en passant par les partenaires ou l’évaluation. Une richesse qui contribue, dans une certaine mesure, à développer sa réflexivité sur le projet à mesure de l’avancée de sa pensée. Et de pouvoir anticiper sur des éléments qui mettront des freins. Ou d’ajuster en fonction de ses compétences …

Ces deux documents sont disponibles ici :

Premier pas vers le réalisme pédagogique

Construire un projet en classe, c’est avant tout investir le terrain du « réalisme pédagogique ». Une manière d’entrer dans la post-modernité de l’éducation, savoureux mariage entre classicisme (cadre institutionnel imposé par la mise en place des programmes) et modernité (mise en oeuvre des technologies contemporaines et numériques). Cette alliance vient colorer ainsi les actions pédagogiques de classe. Je développerai ce sujet dans un prochain article. Pour être plus complet. À suivre …

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