Projets

#ÀVraiDire

Cette année encore, un projet pour sensibiliser les élèves aux situations complexes de harcèlement a vu le jour dans la classe. Tout d’abord, des discussions et échanges autour du thème (causes, types et conséquences possibles, moyens d’y renoncer, numéros utiles pour dénoncer, etc.) ont eu lieu en petits groupes d’élèves. Ces échanges ont fait émerger certaines situations vécues, souvent en tant que victimes et ont permis de mettre des mots sur des « véritables situations » problématiques.

En second lieu, un visionnage de clips, réalisés deux ans auparavant, a contribué à placer dans leur contexte, certaines situations marquantes et uniques. Produits par les élèves eux-mêmes, ces clips sont des mises en scène de ces moments si particuliers et si difficiles.

Pour cette production 2016-2017, les élèves ont produits, sous forme d’écriture collaborative (toujours en petits groupes) un texte poétique en tâchant de ne jamais mentionner le mot « harcèlement » mais que dans le contenu, les différents termes et expressions utilisés dans le texte on puisse prendre conscience de l’image d’une situation comparable à celle du harcèlement. Un travail sur le vocabulaire spécifique à la douleur,  à la souffrance a été mené afin de proposer un référentiel de termes utilisables dans la démarche d’écriture. Un effort a été aussi réalisé concernant l’image des mots et la valeur qu’ils pouvaient avoir sur le destinataire du message. Des questions comme « Que peut-on dire ?, Comment les dire ?, Jusqu’où peut-on aller dans les termes et l’image véhiculée par les mots ? » Très vite, les élèves ont eu l’idée de parler de l’histoire d’un enfant qui n’a jamais parlé et raconté ce qu’il vivait à ses parents et qui, un jour, décide de tout dire car la pression est trop forte. Les élèves ont donc décidé de raconter l’histoire d’un enfant qui a souffert, qui souffre encore et qui souhaite que ses proches l’aident. Ce texte illustre, finalement, les conséquences d’un « non-dit ».

Après l’écriture, les élèves ont dessiné le story-board. Ils avaient la consigne de produire un clip dans son plus simple appareil (limite dans l’utilisation de l’échelle des plans, interdiction de mouvements de caméra trop complexes, etc.). En définitive, ils avaient pour objectif de créer une vidéo la plus simple et la plus épurée possible. Il se sont donc lancés dans une production filmique très simple : les élèves ont décidé qu’il n’y aurait qu’un(e) seul(e) acteur(trice) pour ce court-métrage. Les autres élèves seraient en arrière plan, dans la cour de l’école. Cette idée est venue d’un groupe d’élève pour marquer le plus possible l’exclusion et la solitude de cet enfant qui raconte son histoire.

En parallèle, tous les élèves ont enregistré un passage du texte avec un enregistreur numérique. Ces enregistrements seraient ensuite « collés » à la bande image, donnant ainsi l’impression que les voix des élèves sortent de la bouche de l’acteur(trice) principale. Cette idée est venue d’un groupe d’élève qui voulait marquer le fait que tous les enfants peuvent être confrontés à ce genre de situation. Lors du tournage, un jour d’école, la cour de récréation a été réquisitionnée, et ce en dehors des horaires de récréation, pour des raisons pratiques de limite des autres élèves de l’école. Pendant le tournage, l’élève « actrice » portait des écouteurs, branchés à un iPod dans lequel avait été compilée l’ensemble de la bande son « voix des élèves » afin de faciliter la synchronisation au montage. C’est le seul « trucage » de la vidéo.

Enfin, en ce qui concerne le montage, il a été réalisé avec les élèves même si certaines difficultés de synchronisation son/image ont été gérées par l’enseignant. Concernant la bande instrumentale, celle-ci a été choisie en fonction des écoutes réalisées en classe. En effet, après des écoutes de type « slam » les élèves se sont aperçus que la bande sonore était rythmée par des sons hip-hop, rap, avec des notes instrumentales (piano principalement). Le choix a été fait en fonction des budgets alloués à ce projet. Etant limités, il a été convenu d’utiliser une musique libre de droit d’auteur. Après des recherches, l’enseignant a choisi la bande sonore qui figure dans cette vidéo, et qui rassemblait tous les critères énoncés par les élèves.

Vous pouvez découvrir la production finale dans ce clip :

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